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Terra Lorraine, un emboîtement de sociétés en poupées… russes

Article initialement paru sur le site PourMetz le 8 décembre 2015, peu de temps avant que Patrick Weiten n’annonce l’abandon du projet :

Terra Lorraine, le délirant projet de faire venir 2.000 PME chinoises à Illange pour envahir notre marché intérieur, est aujourd’hui au point mort. Il semble convenu que son financement devait se faire par le biais d’une société d’investissement en capital à risque (« SICAR ») de droit luxembourgeois pour un budget de départ de 150 millions d’euros. Cependant, la question de l’origine de ces fonds n’a jamais été clairement résolue, Patrick Weiten et Anne Grommerch préférant visiblement ne pas trop s’en préoccuper.2015-12-08 20_45_57-Moselle_ les ombres chinoises de TerraLorraine - L'ExpressAlors que le Républicain lorrain a même évoqué des fonds d’origine kazakhs, il n’est pas inintéressant de se pencher sur le montage juridique de ce projet tel qu’on peut le trouver sur le site du Journal officiel luxembourgeois.

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Le site ITEC à Illange, avec le drapeau de la Moselle à l’envers

Si on ne trouve aucune société au nom d’ITEC, deux portent le nom de Comex :

1) Comex Euro Developments S.A., créée le 11 juin 2012, dont le capital est de 100.000 euros, et qui a un actionnaire unique, TSM Services (Luxembourg) S.à r.l. (cf. point 2 ci-dessous).

Son objet dans les statuts de sa constitution « est le développement de tous biens immobiliers bâtis ou non bâtis, au Grand-Duché de Luxembourg ou à l’étranger, y inclus les prestations de services y afférents. (…) »

En date du 5 décembre 2013, son objet est modifié comme suit :

« – le développement commercial des activités liées avec ITEC (International Trade Exhibition Center), en France, Chine et dans tous pays où de tels centres seraient développés ;

– les services liés avec les activités opérationnelles de ces centres ;

– les services aux locataires de ces centres ;

– le conseil et le suivi de sociétés chinoises en Europe et aux sociétés européennes en Chine. (…) »

1bis) Comex Euro Investments Alpha S.A., créée ce même 11 juin 2012, dont le capital est également de 100.000 euros, et dont l’actionnaire unique est également TSM Services (Luxembourg) S.à r.l..

Son objet est le suivant : « La Société pourra effectuer toutes opérations se rapportant directement ou indirectement à la prise de participations sous quelque forme que ce soit, dans toute entreprise, ainsi que l’administration, la gestion, le contrôle et le développement de ces participations. (…) L’objet de la Société est également l’achat, la vente, la gestion et la location de tous immeubles, bâtis ou non bâtis, tant au Grand-Duché de Luxembourg qu’à l’étranger. »

Cette société est dissoute le 20 décembre 2013.

2) La société TSM Services (Luxembourg) S.à r.l., actionnaire unique des deux sociétés Comex, a été créée le 9 avril 2010. Son capital est fixé à 12.500 euros, et son actionnaire unique est Totalserve Management (Luxembourg) S.à r.l. (cf. point 3 ci-dessous).

Son objet social est le suivant : « La Société a pour objet de prester des services d’administration de tous genres et d’acquérir, de détenir et de céder des investissements détenus dans toutes autres sociétés ou entreprises. (…) »

3) La société Totalserve Management (Luxembourg) S.à r.l., actionnaire unique de TSM Services (Luxembourg) S.à r.l., a été créée le 15 décembre 2009. Son capital est fixé à 31.000 euros (100 parts sociales à 310 euros pièce).

Ses actionnaires sont :

. une personne physique pour 51 parts sociales ;

. Totalserve Management Limited, Chypre (cf. point 4 ci-dessous) pour 49 parts sociales.

Son objet social lors de sa constitution est le suivant : « La société a pour objet l’expertise comptable et fiscale ainsi que toutes prestations de services de conseils autorisés par cette activité dont la domiciliation, le commissariat aux comptes et le secrétariat social. Elle pourra notamment employer ses fonds à la création, à la gestion, à la mise en valeur et à la liquidation d’un portefeuille se composant de tous titres et brevets de toute origine, participer à la création, au développement et au contrôle de toute entreprise, acquérir par voie d’apport, de souscription, de prise ferme ou d’option d’achat et de toute autre manière, tous titres et brevets, les réaliser par voie de vente, de cession, d’échange ou autrement, faire mettre en valeur ces affaires et brevets, accorder aux sociétés auxquelles elle s’intéresse tous concours, prêts, avances ou garanties. »

En date du 3 juin 2013, les 49 parts sociales de Totalserve Management Limited sont transférées à P.G. Economides Holdings Limited, Chypre.

En date du 22 décembre 2013, la société passe du statut de S.à r.l. à celui de société anonyme. Son objet reste le même.

4) La société Totalserve Management Limited, actionnaire de Totalserve Management (Luxembourg), est basée à Limassol, sur l’île de Chypre.

Elle fournit des services en matière fiscale, légale et comptable. Elle a des bureaux à Luxembourg, Londres, Moscou, Varsovie, Athènes, Thessalonique, Bucarest, Tortola (Îles Vierges Britanniques), Johannesbourg, Le Cap et Pekin. Son site Internet est en anglais, russe, polonais et chinois.

Voilà donc un montage juridique bien compliqué pour un projet qui a l’aval de toute la classe politique locale dite « républicaine »… mais pas du Front national.

2015-12-13 20_46_22-Chantier Terra Lorraine, à Illange (Moselle) - vidéo Dailymotion

Est-il permis d’émettre une hypothèse quant à l’origine de ces fonds, et qui pourrait expliquer que ce projet est au point mort ? Se pourrait-il que le financement prévu au départ soit d’origine russe ?

Revoyons le film des évènements depuis le coup d’envoi en grande pompe du projet Terra Lorraine par nos élus locaux en octobre 2012.

. mars 2013 : taxation des comptes bancaires par le gouvernement de Chypre à la demande de l’Union européenne et du FMI. Les Russes, dont les dépôts dans ce pays sont estimés à 43 milliards d’euros, sont particulièrement touchés.

. novembre 2013 : début des troubles en Ukraine.

. décembre 2013 : plusieurs changements sont opérés dans les sociétés du montage financier de Terra Lorraine : la société Comex Euro Investments Alpha (destinée à devenir la fameuse SICAR annoncée ?) est dissoute, Comex Euro Developments change radicalement d’objet social.

. juin 2014 : Comex Holdings annonce un projet de plateforme chinoise à Moscou.

. juillet 2014 : l’Union européenne annonce des sanctions économiques contre la Russie, auxquelles celle-ci répond par un embargo sur tous les produits européens.

. novembre 2014 : le parlement russe vote une loi de « dé-offshorisation » visant à combattre l’évasion fiscale par la création par des citoyens russes de sociétés « offshore ».

Le projet Terra Lorraine est-il la victime collatérale de la guerre larvée que les Etats-Unis livrent à la Russie, et de la bienveillance servile de leurs laquais de l’Union européenne ? Était-il déjà abandonné dans sa conception initiale dès décembre 2013 ?

Le site ITEC à Metzange, près de Thionville

Le site ITEC à Metzange, près de Thionville

Que cette hypothèse soit correcte ou non, ce fiasco nous donne une leçon : alors que tout a été fait pour détruire la souveraineté économique et monétaire qui assurait la prospérité de notre pays, nos élus (droite et gauche confondues) en sont réduits à accepter de tels projets plus que douteux dans leur finalité et dans leur financement, afin de pouvoir rouler des mécaniques et faire croire qu’ils ont encore un semblant d’influence.

Dans toute son histoire, la France indépendante et souveraine a eu des relations commerciales avec tous les continents. Depuis trente ans, sous couvert de projet européen, de libre-échange et d’ouverture sur le monde, elle se retrouve appauvrie et démembrée comme ont pu l’être en d’autres temps la Chine et l’Empire ottoman.

Seul le Front national a un projet cohérent pour sortir la France de cette impasse et lui redonner la prospérité qu’elle n’aurait jamais dû perdre.

 

FN Pays Messin

Territoires, emplois : les fausses solutions Weiten

Article initialement paru sur le site PourMetz le 11 novembre 2015

Le 25 avril 2014, Patrick Weiten, alors (et toujours) président UDI du conseil départemental de Moselle, est venu à Courcelles-Chaussy pour se lamenter de la disparition programmée des départements, « seule collectivité locale qui s’occupe des gens du premier au dernier jour de leur vie ».

En mai 2014, il a rencontré Philippe Richert, président du conseil régional d’Alsace (et aujourd’hui tête de liste LR/MoDem/UDI pour les élections régionales de 2015), pour évoquer la future réforme territoriale. Le Républicain lorrain du 28 mai 2014 nous apprend que Patrick Weiten « a toujours été favorable à la création de grandes régions » et que « pour lui, un axe tout naturel se dessine avec l’Alsace ».

Pourtant, en octobre 2014, il envoie un courrier à Manuel Valls pour demander la fusion de la Moselle avec le Luxembourg, la Wallonie, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, afin de créer la première eurorégion transfrontalière.

Et le voilà aujourd’hui tête de liste pour la Moselle de la liste Unissons nos énergies avec comme slogan « La région Grand Est est maintenant notre avenir commun. »

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Lors de sa venue à Courcelles-Chaussy, cet homme aux convictions fortes et constantes avait évoqué ses deux solutions pour sauver l’emploi mosellan :

  • le projet Terra Lorraine ITEC à Illange, près de Thionville, immense base commerciale et logistique destinée à inonder la France et l’Europe de produits chinois, et qui promettait la création de 3.000 emplois ;
  • le vieillissement de la population chez nos voisins sarrois qui leur rendrait nécessaire la venue de 250.000 travailleurs étrangers.

Patatras ! Les doux rêves de Monsieur Weiten ont aujourd’hui du plomb dans l’aile… Le projet Terra Lorraine ITEC est au point mort, et plusieurs personnes travaillant sur le projet ont été licenciées. Et le flot de migrants qui déferle sur l’Allemagne à l’invitation de Madame Merkel risque bien de dépasser les 800.000 initialement prévus : nos voisins sarrois n’auront sans doute pas besoin de travailleurs mosellans…

Que vont donc pouvoir inventer Monsieur Weiten et ses amis d’Unissons nos énergies pour convaincre qu’ils ont les solutions pour créer des emplois en Moselle ?


Contrairement à ce qui nous a été vendu, cette réforme territoriale n’est pas destinée à faire des économies, mais à mettre en application la Charte européenne de l’autonomie locale signée le 15 octobre 1985 et aujourd’hui validée par les 47 pays du Conseil de l’Europe. En augmentant les pouvoirs et compétences des régions et en leur donnant directement accès aux fonds structurels européens, cette charte tend à faire disparaître les nations européennes pour mettre ces super-régions sous la tutelle directe de la Commission européenne et à la merci de la finance et des multinationales apatrides.

Il est bien connu que les parlementaires européens sont assaillis par de puissants lobbys liés aux multinationales de la santé, de la chimie, du tabac, etc. On sait moins que nos élus locaux le sont également, dans une moindre mesure et dans les domaines qui relèvent de leurs compétences (BTP, grande distribution, communication, culture…).eiten311015.docx

Ainsi, les grands groupes du BTP comme Bouygues, Vinci et Eiffage ont-ils des « laboratoires  de réflexion » sur l’avenir de nos villes qui financent chercheurs, chaires universitaires, bourses d’études, artistes, graphistes, etc. Ces « think tanks » organisent également séminaires et ateliers auxquels sont invités élus et fonctionnaires territoriaux pour leur vendre l’entrée de leur collectivité dans la modernité et la création de multiples emplois.

Le « think tank » du groupe Vinci s’appelle La Fabrique de la Cité(« Inventer aujourd’hui la ville de demain »), celui d’Eiffage Phosphore, Bouygues a Demain la Ville et le Club Construction Durable.

Tout cela participe largement à l’uniformisation de nos agglomérations dans la laideur, et à la déconnexion croissante d’avec les besoins réels des habitants.


n311015.docxOn peut voir ainsi sur le site Internet de ce dernier les avis d’experts en tous genres justifier implicitement la politique de Bouygues, et Dominique Gros, maire et conseiller départemental PS de Metz, donner son avis sur « temps libre et dynamique urbaine ».

Une brochure consultable en ligne sur le même thème met en illustration l’affreux bébé de l’affreuse campagne « Je veux Metz ». Comme par hasard, cette campagne de Metz Métropole Développement a été financée par le FEDER (Fonds européen de développement régional) et l’Etat à hauteur de 800.000 euros.

Résultat à Metz de cette belle amitié, avec la générosité de l’Union européenne : un millier d’arbres en moins, une ville qui se vide de ses habitants, des logements neufs à la pelle alors que des milliers d’anciens sont vides, des centres commerciaux surnuméraires quand de nombreux commerces du centre-ville ferment, et ainsi de suite…


Voilà le genre de désagréments qui risquent d’intervenir à bien plus grande échelle avec ces nouvelles super-régions : le chômage ne cessant d’augmenter, des élus comme Patrick Weiten, dépourvus de convictions fortes et d’amour de la France, risquent de vendre des pans de territoires et leur population à des multinationales qui leur feront miroiter la création d’emplois comme panacée universelle.

Mais ces entreprises ne viendront pas là par philanthropie : elles feront jouer la concurrence à l’intérieur des régions et entre les régions, et viendront s’installer là où elles auront reçu les propositions les plus avantageuses ; il est à craindre que ce ne soit pas au bénéfice de l’intérêt général.

La Chine, avec qui Monsieur Weiten souhaite commercer à très grande échelle, vient d’annoncer son plan quinquennal 2016-2020. Elle souhaite ainsi réduire sa dépendance à l’exportation de produits manufacturés pour augmenter la part des services et de l’innovation destinés à son marché intérieur ; c’est pourquoi elle met fin également à la politique de l’enfant unique.

Quand les élus des partis qui se sont succédé au pouvoir referont-ils confiance aux Français pour relancer la dynamique de leur pays ?

À l’heure où l’angoisse de l’avenir et le sentiment d’injustice montent, les solutions ne peuvent être que le rétablissement des frontières nationales avec un Etat fort et souverain, et des élus au service exclusif de leur peuple.

FN Pays Messin